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J'avais réalisé mon rêve. Alors pourquoi je me sentais vide ?

il y a 1 heure
2 min de lecture

Il y a un peu plus de dix ans, je suis arrivé en France sans parler français. J'ai travaillé dur. Les grands projets scientifiques, ceux dont je rêvais quand j'étais étudiant, sont devenus mon quotidien.

Je me souviens de mon premier appartement. Je me disais : tu devrais être content. J'avais réalisé exactement ce que j'avais voulu. Et pourtant, il y avait ce vide. Une angoisse sourde, sans raison apparente.

Le pire, c'était la culpabilité. Comment se plaindre quand on a tout ?


Ce n'est pas de la fatigue, c'est une perte de sens

On parle beaucoup du burn-out, l'épuisement par excès de travail. On parle moins de ce qui arrive quand on travaille, qu'on réussit même, mais que ce qu'on fait ne nous nourrit plus. On l'appelle parfois brown-out, ou burn-out de sens.

Le mécanisme est simple et cruel. Quand le travail devient notre identité, chaque succès professionnel devrait nous remplir. Mais il remplit le rôle, pas la personne. Et la personne, petit à petit, se tait.

Le signal n'est pas toujours l'épuisement. C'est souvent ce décalage : tout va bien vu de l'extérieur, et rien ne vibre à l'intérieur.


Tu n'es pas ingrat·e

Si tu ressens ce vide alors que « tout va bien », tu n'es pas ingrat·e. Tu n'es pas en train de te plaindre pour rien. Ton corps et ton cœur te disent quelque chose que ton agenda ne dit pas.

C'est une expérience beaucoup plus répandue qu'on ne le croit, surtout chez les personnes qui ont construit une carrière avec sérieux. Justement parce qu'elles ont tout donné.


Ce que tes photos savent avant toi

Ce qui m'a aidé à sortir de ce vide, ce n'est pas une grande décision. Je n'ai pas quitté mon travail. J'ai arrêté de lui donner tout.

Et j'ai commencé à regarder ce que je photographiais. Pas pour juger mes photos, mais pour voir ce qui revenait. Les mêmes lumières, les mêmes lieux, les mêmes visages. Ce qui revient dans nos photos, c'est souvent ce qui nous manque, ou ce qui nous fait encore vibrer.


L'exercice : ce qui revient

  1. Ouvre ta galerie et remonte les six derniers mois.

  2. Note trois sujets qui reviennent souvent, sans réfléchir : un lieu, une lumière, une personne, un objet.

  3. Pour chacun, demande-toi : quelle part de moi est là-dedans, que mon travail ne nourrit pas ?

  4. Écris une phrase. Juste une. C'est un début.


 
 
 

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